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vendredi 14 mars 2014

Le dire (au taf) ou pas ?

Bon, d'une manière générale, je suis devenue très PMA-communiquante. Ca me détend, les jours où je n'arrive plus à faire semblant. Je communique, j'explique, en plus ça me donne l'impression de faire un truc positif, et tirer quelque chose de positif de l'infertilité, même si ce n'est que ça, ça fait du bien.

Bon, mais tout ça, c'est HORS BOULOT.

Mais je t'ai un peu parlé de mon boulot ici. Et la possible FIV (j'y crois, mais au conditionnel, je commence à connaître le truc là !) approchant, le stress est à son comble, et je cogite de plus en plus sur le boulot (cogiter sur le boulot m'évite de cogiter sur le résultat de cette possible FIV, et donc sur l'échec, donc merci comme moi de faire semblant que l'essentiel c'est le taf là. Thanks).

Pour l'instant, le boulot ne sait RIEN. C'est à dire que j'ai déjà appelé d'une salle d'examen en petite culotte pour dire que j'arrivais un chouïa en retard, j'ai déjà posé plein de demi-journées, j'ai déjà assuré en réunion alors qu'on venait tout juste de me compter mes follicules du dedans, j'ai déjà envoyé de beaux mails bien pros deux heures après une AG, donc je fais bien le lien entre la PMA et le boulot, mais le boulot lui ne fait pas le lien du tout. Quand je pense que ce sont juste les bleus aux bras qui ont failli me faire prendre !!

C'est une lutte de chaque instant que de gérer les deux sans me trahir (ya que moi qui me retrouve dans des situations de dingue pour prendre mes RDV cachée au bureau ?? Tu sais, les prises de RDV pour lesquelles tu dois causer de ton cycle !!!). Une lutte pour l'instant plutôt bien gérée, à mon avantage, mais je m'épuise, et je sais que je n'ai même pas encore vraiment commencé la PMA. Et qu'une FIV, ça risque d'être compliqué à cacher (et non, je n'ai pas la possibilité de poser 3 semaines de congés sur cette période).

Alors, c'est comment qu'on fait-y ?

Etudions les options :

-Je continue à feinter. J'imagine que c'est un jeu de cache-cache, et je me marre. Bon en fait, ça ne fait pas trop rire. Et ma crainte c'est qu'on me pose des questions, ma crainte c'est de passer pour une lâcheuse, de passer pour la fille qui lève le pied pile quand il ne faut pas. Et ça c'est pas cool.

-Je dis que j'ai des "soucis" qui vont occasionner quelques petites absences imprévisibles, que je m'en excuse, que je m'engage à toute faire pour que cela impacte le boulot le moins possible, toussa toussa. ça peut passer. Cela entretient juste un mystère pas terrible, qui peut vite conduire dans les bureaux à "dis donc t'as vu la tête de Milie ? A priori elle n'en a plus pour longtemps". Cela peut aussi entraîner des questions (les gens sont curieux hein, yen a pas beaucoup qui se contentent de "j'ai des soucis merci d'excuser mes retards et absences injustifiés sur 3-4 semaines"). Et moi je ne sais pas trop mentir, et je suis un tout petit peu à fleur de peau en ce moment.

-Je m'invente un problème de santé qui peut vaguement expliquer mes absences et ma tête. Mais alors là faut vraiment mentir. Et pour moi c'est la croix et la bannière (putain, heureusement que je joue pas au poker).

-J'y vais cash. Et là, je peux m'en sortir bien (compréhension et pas d'intrusion, facilitage de la vie, et j'en aurais bien besoin) comme je peux tout perdre (encore une qui veut pondre, et qui nous emmerde avant même le début de sa grossesse, quelle plaie faudra penser à s'en débarrasser la prochaine fois).

Alors bref. ça me tracasse pas mal tout ça !

jeudi 13 février 2014

Les amis

Message d'un ami très proche, et "au courant" : ""j'ai un pote qui m'a annoncé qu'il allait être papa aujourd'hui encore :-)".

Mais WTF ? Que veux-tu que ça me fasse !! (c'est d'ailleurs ce que j'ai répondu).
Genre, jme tape déjà les annonces de grossesses des gens que j'aime, des gens que je côtoie malgré moi, et faut aussi que l'on m'annonce les bébés des gens que je ne connaîtrais jamais ?

Mais pourquoiiiiiiii ???? Autour, "tout le monde" pond, je suis au courant merci. N'en jetez plus !!!!


samedi 25 janvier 2014

psy-con-logie

Aujourd'hui, grâce à moi, tu vas pouvoir te cultiver. Ne me remercie pas, si tu as le cœur de lire l'article jusqu'au bout, l'envie te sera passée en chemin.

Je suis donc allée, il y a quelques temps maintenant (il fallait que je digère avant de pouvoir proposer un retour) et avec Irouwen, à une "conférence" sur l'infertilité et l'idée de guérison psychique, toussa toussa, je n'ai pas bien compris le titre, et on s'en fout, vu ce qui a suivi.

En préambule, je tiens à signaler que je suis totalement "psy-open". Yes. Et que d'ailleurs, j'ai appelé hier pour prendre un RDV psy (que je n'ai pas encore obtenu, mais nous y reviendrons). Je suis par contre un peu "psychanalyse-vigilante", c'est-à-dire que j'ai davantage confiance en les psychiatres et les psychologues (qui ont fait des études, hé oui, je fais mon élitiste) qu'en les psychanalystes sans autre formation.

Ce fait ayant été admis (je kiffe les psys, voilà), on peut passer au fond du propos.

Alors attention attention, il ne s'agit pas là du compte-rendu de la "conférence" mais d'un petit best-of, pour vous, des bêtises que j'ai pu y entendre. A mon grand désarroi d'ailleurs, je dois dire que j'ai été prise au dépourvu, ils avaient l'air bien ces gens à première vue, il y a même eu quelques bricoles intéressantes de dites, mais ça a bien vite dérapé...

Aller, accroche-toi, je rentre dans le vif du sujet (attention, mes propos sont caricaturaux, les choses n'ont évidemment pas été dites tel quel, mais je vous assure que le trait est à peine forcé).

Et merci de bien noter que je ne cautionne en rien les propos ci-dessous.

Première idée soooo cliché : comme on pense tout contrôler, on procrastine à procréer. Alors moi je dis : à 26 ans j'ai commencé à emm*rder mon docteur parce que je ne pouvais pas pondre, ça me paraît pas être si vieux, et je dis aussi aussi, quand bien même la vie fait qu'on ne s'y prend "que sur le tard", qu'on nous lâche !! C'est parfois censé de s'y prendre sur le tard quand la vie ne t'a pas donné de vraies possibilités avant !
C'était du bateau, c'était le cliché trop facile, mais c'est parce que je suis gentille que je commence par le "light". Ça te prépare l'estomac.

L'infertilité est, dans la moitié des cas, due à la conjugaison de petites anomalies des deux partenaires qui, séparément, ne seraient pas infertiles. Inconsciemment, on recherche un partenaire avec certains troubles qui font que l'on s'évitera d'avoir des enfants. Alors je dois dire que là, c'est une de mes favorites. Parce que admettons. Admettons que, forte de mon utérus à polype (désolée, j'illustre avec mon cas), pas totalement infertile en soi, mon inconscient ait décidé de se mettre en recherche d'un mec à problèmes (soyons fous, j'ai tapé direct dans l'OATS +++) pour pouvoir mettre en oeuvre mon plan diabolique qui consiste à tout faire pour ne pas avoir d'enfant en faisant croire à tout le monde (en premier lieu moi-même) que j'en veux un. Ok, j'admets (puisque je te dis que je suis "psy-open" !!).
Mais alors, si mon inconscient est capable, juste en reniflant un mec, de sentir le problème, et puisque son inconscient à lui aussi (ya pas de raison) voit bien que, youpie, c'est pas net chez moi non plus, moi je dis, pourquoi, mais alors pourquoi on doit subir des hystéro-scopie/salpinpographies et toussa ?? Pourquoi ? Ne peut-on pas continuer de juste se renifler ???

Il a été question par ailleurs des infertiles souffrant ou ayant souffert de troubles du comportement alimentaire. Je me suis de suite sentie concernée (hé oui, j'ai vraiment un passé trouble). Alors pour tout te dire, si on me range dans cette case là, je suis je suis je suis... Hé ben chiante. Je suis une potentielle patiente sans intérêt, dont la pauvreté de l'association verbale est pitoyable, qui tourne en rond, et avec laquelle le psy va s'ennuyer. Je suis par ailleurs terriblement friande de PMA (ça m'occupe). Du fait de la pauvreté de mon association verbale, je suis "thérapie résistante". Et chiante donc, mais enfin, le psy devra m'aider à renoncer et à accueillir mon destin.

Il a été dit aussi qu'il n'était pas rare, après une PMA, de constater des demandes d'IVG. Je ne vais même pas commenter ce point. Je peux imaginer que cela arrive, car parfois certaines choses nous dépassent, et ce que je ne peux pas imaginer c'est la douleur qui doit accompagner ce type de demande. Mais de là à "banaliser" cette situation, je ne suis pas certaine...

Il m'a été demandé (j'aurais mieux fait de me taire) si Amandine (le premier "bébé-FIV", remember) avait eu son bébé par la PMA. Alors quoi, m*rde, qu'on m'explique comment l'infertilité pourrait être héréditaire !! Comment !! Réfléchissez par pitié !

Je ne t'ai pas parlé (mais je garde le meilleur pour la fin) du fait que dans l'absolu, il vaut de toutes les manières mieux que la grossesse tant désirée n'arrive pas, du moins tant qu'on n'a pas fait un travail sur nous (un travail de psychanalyse évidemment, le rapport à ta mère, et à la sexualité), on fera de mauvaises mères, et c'est le bébé qui payerait.

Amie du don enfin, accroche-toi. Sache que si un jour tu passes par l'IAD, il faut s'attendre à ce que ton homme, conscient du fait que le bébé n'est donc pas génétiquement le sien, se tire, et que du coup, tu fasses payer son départ à l'enfant. Hé oui. Alors j'ai répété ça à mon Namoureux, autant te dire qu'il a mis un peu de temps à décolérer.

Comme je suis mignonne, je te résume un peu la situation, en illustrant encore une fois par mon cas personnel (qui ferait certainement la richesse d'un psy) :

"Ayant souffert de troubles du comportement alimentaire, j'enchaîne en toute logique vers la PMA. Ne désirant inconsciemment pas d'enfant, j'ai mis un point d'honneur à chercher (grâce à mon odorat, formé à le reconnaissance des spermatogenèses compliquées) un compagnon OATS. Cette association malheureuse me permet ainsi de pouvoir accéder à la PMA, dont je suis tellement friande !! J'hésite à me faire suivre, car je sais que la pauvreté de mon associativité verbale risquerait d'ennuyer profondément le thérapeute chez qui je pourrais me rendre. Avec mon Namoureux, on a déjà beaucoup parlé du don. Mais je sais que si on passe par l'IAD, il finira par nous quitter, moi et l'enfant qui ne sera pas le sien, ce qui me permettra de faire payer tout ça au petit."


Moi je dis, il va pas se marrer le psy qui va récupérer mon cas...

vendredi 24 janvier 2014

Ma liste de non-naissance - merci pour nous !

Puisque la période, après ces superbes fêtes de fin d'année, est aux joies des cadeaux de naissance (voir chez Madame Pimpin, mais aussi dans ma vraie vie, oui, les bébés pleuvent, et soit dit en passant, c'est pas top, pour mon moral déjà, mais aussi parce que ça les ennuiera les gosses plus tard d'être tous nés à moins d'un mois de Noël, c'est sans intérêt niveau répartition des cadeaux sur les 12 mois de l'année).

Bref, pour en revenir aux cadeaux.

Alors déjà, faire les cadeaux pour les bébés des autres, c'est comment te dire, genre un des trucs les plus cruels de la vie d'infertile. Et pourtant, je m'épuise pas sur la question, mais quand même, le pire, j'y attache de l'importance.

Bref, on s'en fout aussi. Mon idée du jour, c'est que franchement, nous aussi on a plein de besoins, et nous aussi on est ruinés (je vais le faire mon post sur la PMA et la thune, j'attends juste d'être un tout petit peu plus énervée, la mutuelle n'ayant toujours pas répondu à ma demande, cela ne devrait plus tarder).

Alors voilà. Tout comme les jeunes parents, nos vies sont bouleversées (et moi aussi je suis grave bouleversée d'ailleurs, mais on y reviendra). Pour une bonne partie de la population féminine en PMA, on connaît (moi pas encore hein, mais t'inquiètes, ça va venir) les modifications du corps (et la tête, alouette) liées aux hormones. Et on dort pas (pas besoin d'hormones chez moi, c'est juste la dépression le stress). Et puis donc, on attend, nous aussi, un heureux événement (certes, il ne vient pas, merci, on avait remarqué, mais franchement, c'est pas faute d'avoir essayé). Et on a des dépenses "imprévues" disons, et on passe plein de temps à l'hôpital à faire des trucs franchement pas marrants, et tout et tout, alors COMMENT CA ON N'A PAS DROIT A DES CADEAUX ???

Alors pêle-mêle, toi qui veut me gâter :

-là où on t'a offert éventuellement un bon pour une soirée de baby-sitting (comment ça ça fait radin ??), pitié, je t'en prie, offre moi une soirée sans "penser bébé". ouais, ce sera cool.

-il me faudrait de nouveaux amis. Les actuels sont chouettes, mais certains montrent quelques lacunes,  et quoiqu'il en soit, ils ne comprennent pas. Bon, soit, si les amis c'est trop cher, offre moi juste de la compréhension. Ça ne coûte même pas grand chose

-là où on t'a peut-être offert un truc genre massage, ou cadeau de parfumerie ou parapharmacie, tu n'as que l'embarras du choix. Acupuncteur, ostéo, je prends tout. Si tu passes en para, prend-nous du Gob-oli, ou tout autre complément alimentaire destiné à améliorer les gamètes de Madame ou Monsieur, on prend tout je te dis !

-tu aurais souhaité un abonnement, genre "ma boîte mensuelle bébé", ou un club de sport, pour te "remettre de tes formes" ? La formule abonnement peut aussi nous intéresser. Laisse tomber le sport pour moi, je suis comme toi, vide de toute énergie. Prends-moi plutôt une mutuelle et pas la mienne de préférence, qui montre clairement ses limites. Sinon, une carte vitale Gold peut me faire grave kiffer. Un abonnement chez un échographe, ça peut clairement me tenter, mais laisse-moi choisir stp, ça passe mieux avec certains qu'avec d'autres. Quoiqu'il en soit, c'est en fonction de tes moyens, et comme tu le sens, on prend tout ici :-)

-pour me détendre, j'aurais bien besoin de boire et fumer , et manger du chocolat (pour votre santé, mangez, bougez). Bon. Mais a priori, c'est pas bon pour le bébé pour mes œufs. Donc là ben... Aide-moi à tenter vraiment la cigarette électronique. Offre-moi un bon thé (on peut le thé ??), des chocolats.

-tu as fait une baby shower et eu la chance d'avoir une suuuuupeeeeerbe robe de maternité ? Ouais ? Du genre de celles qui me polluent la vue quand je traîne sur Z*land* ?? Sache qu'actuellement, je kiffe grave le style tasse-pé. Ouais. Les examens médicaux et la situation générale me privant de mon statut de demi-femme, laisse-moi te dire que j'essaye de compenser à côté. Tu peux même me refiler tous les trucs dans lesquels toi tu peux plus rentrer.

-si on t'a offert des couches lavables (apparemment, tu en demandes...) offre moi éventuellement des "protections périodiques". Ou abstiens-toi à la limite.

Et si malgré tout ça tu n'as pas d'idée, fais un chèque. J'ai une opération à me payer là, ça sera bien utilisé !



PS : n'attend pas le faire-part pour envoyer ton kdo, t'en auras pas de sitôt !

samedi 18 janvier 2014

Le dire ou pas ?

En réponse à to drop sky, sachant par ailleurs qu'il n'existe pas de bonne réponse, rien d'idéal et que chaque situation est différente...

Le dire ou pas, telle est parfois la question.

Pendant quelques mois, pour nous, c'était ça :

Pas tellement un choix de ma part à dire vrai. Je n'ai simplement pas eu à me poser la question ; mon Namoureux était sous le choc de la découverte de son OATS (enfin, à l'époque, il niait son OATS plutôt,mais ceci est encore une autre histoire), et autant dire qu'il ne fallait pas en parler, déjà entre nous (puisqu'il n'y avait, de son point de vue, pas de problème, il n'y avait donc rien à dire), et encore moins ailleurs.

Par chance, j'avais assez peu de questions de la part de mon entourage, si ce n'est pour mes "absences" liées aux examens qui ont commencé à s'enchaîner (et que perso, j'avais plus la tête à grand chose).

Et hop, grossesse d'une amie. Youpie ! Ah si si, j'étais vraiment contente pour elle et carrément dégoûtée pour moi.

Puis paf, super nouvelle, grossesse dans ma famille (bon, voilà, c'est fait, je suis tata... du côté de mon petit frère...). Alors là les amis... Les "c'est pour quand" ont commencé à pleuvoir. Et franchement, j'en pouvais plus. je t'épargne les questions sur la grossesse en cours (dont je n'avais pas forcément envie de parler tous les jours). Bref...

Parallèlement, les spermogrammes tout pourris s'enchaînant (tiens, ya 3 bestioles de plus, c'est cool, ah merde t'as vu le 99% d'atypiques ??), mon Namoureux et moi (j'avais pris de l'avance, mais je suis une fille, on a d*ctissimo nous...) on se rend bien compte qu'on n'est pas sortis de la merde l'auberge.

Et, petit à petit (moi d'abord, mais en accord avec Namoureux tu lui diras pas qu'en fait j'avais commencé un tout petit peu avant) j'ai fait mon "coming out". Et ça m'a fait du bien. Et même que Namoureux aussi, il a fini par s'y mettre (des mois après, je te l'accorde). Et qu'a priori, ça lui fait plutôt du bien (m'enfin, c'est un garçon hein, je peux pas complètement te dire ce qu'il pense et ce qu'il vit...).

Alors quand tu le dis, fais gaffe à toi quand même. Plusieurs réactions possibles et fréquentes :

-ouh là là, mais c'est pas grave ça !! De toutes les façons, il suffit de ne pas y penser/prendre des cachets/faire des trucs, tu sais, dans les éprouvettes/adopter en plus c'est cool t'évites les vergetures. Non c'est pas grave du tout. Mais vous êtes sûrs d'abord ? Non mais c'est pas grave. Ah mais quand même ça m'inquiète. Et si moi j'avais un problème ??

Donc voilà, ça, c'est la réaction de la nullipare. Qui t'affirme clairement que, dans ton cas, c'est pas grave. Mais qui, bizarrement, s'inquiète beaucoup pour se petite personne.

-ah oui mince, mais bon, tu sais, je connais quelqu'un qui a eu des bébés par FIV, du premier coup, et c'est fréquent maintenant/a adopté et c'est trop cool/a pris un chien...

En avant pour l'aventure. Toi qui aimes les histoires, tu vas être servie !!!!

-ah bon, mais tu voulais un enfant toi ??

Bah ouais...

-la fille pas nullipare/enceinte : non mais nous aussi on a galéré (3 mois), mais du coup, tu fais quoi ? parce que quand même, ne pas avoir d'enfants... Les enfants, c'est quand même la plus belle chose de la vie/crômignon/la seule chose qui compte.

Bon, là, tu ravales tes larmes et puis tu te casses un peu.

Maintenant que j'ai fini de te faire peur, t'as aussi plein de belles réactions, et bizarrement, j'ai peut-être eu plus de belles réactions de la part de proches de sexe masculin (oui oui, des garçons, tu as bien lu). Mais au final, de jolies choses dites, du soutien, du monde qui prend de tes nouvelles quand tu sors pleine de morve d'un examen à la c*n, des câlins, de jolis mots d'espoir...

Attention, le fait d'en parler ne t'épargne en rien les questions et réactions de marde. Mais cela te donne le droit d'espérer, après un peu de pédagogie, que les gens se calment. Voire, te comprennent. Et dans le cas contraire, puisque tu as joué le jeu, cela te permet de les envoyer chier paître quand ils te sortent une connerie (avant, je lançais le téléphone, maintenant, je réponds aux bêtises ! bon, enfin après avoir ramassé le téléphone que j'ai quand même lancé, mais chut).

Et puis, parfois, ça me donne le droit de me moquer complètement du fait que machine a eu une mauvaise journée parce que le métro était en retard/sa copine de bureau a perdu 3 kilos et pas elle/a filé ses collants. Que tout ça, c'est pas choupinou, mais que parfois j'ai juste besoin de penser un peu à moi, et j'ai plus besoin de faire semblant que "youpie la vie" !!

Et le dire m'apporte une dernière chose ; le sentiment de faire avancer quelque chose. Je ne sais pas bien expliquer le pourquoi du comment, mais c'est comme si tenter de faire preuve de pédagogie (et il en faut sérieux...) me permettait de faire d'un malheur quelque chose d'un peu positif (je suis peut-être celle qui permettra à une autre PMette de s'épargner 2 ou 3 remarques déplacées...).

Pour compléter et essayer d'être juste, il faut savoir que ces derniers temps, j'avais recommencé à me taire (d'autres soucis ailleurs, pas envie de "me plaindre" dans ce contexte), mais c'est devenu trop lourd pour moi, et autant dire que ça coule à flots en ce moment.



Bref, je n'ai pas de conseils à donner, encore une fois, je pense que c'est à chacun de faire ce qui lui semble le mieux et d'aviser, le tout étant peut-être de se mettre d'accord au sein du couple...

To drop sky, je te souhaite juste que les jours à venir te permettent de rendre cette question caduque grâce à une bonne nouvelle.

Pour ma part, une nouvelle question se pose : que faire/dire au boulot... Parce que là, je sèche...

mardi 6 août 2013

L'enfer, c'est les autres

Soyons très clairs, il n'y aura ici pas d'explications de textes de Sartre. Pas d'explications du tout d'ailleurs. Juste quelques faits et des questions.

J'ai cette impression que, par delà la galère de l'infertilité, il va falloir composer avec ces autres, pour le meilleur et pour le pire.
Bon, le corps medical déjà, pour lequel on constate clairement l'inexistence ou la nette insuffisance de l'initiation à la psycho (voire au bon sens et à la politesse, mais bon là les études et concours ne peuvent pas tout).

Ma gynéco, face à mes inquiétudes : "vous ne voudriez quand même pas qu'on fasse déjà un spermogramme à votre compagnon ?". Bah sur le principe non ça me faisait pas rêver. Bon le résultat (oats extrême) non plus, mais comme quoi ça ne semble pas être que "dans ma tête"...
La manip de l'hystéro : "c'est bon, c'est négatif, vous n'êtes pas enceinte !". Bah oui en même temps le suspense était limité... Puis : "vous venez pour une stérilité primaire ?". Bah oui c'est pour ça que je fais le test, parce qu'on sait d'office qu'il n'y a plus rien à faire pour mon cas. "Bon, on vous a prévenue je pense, ça va faire mal"

Forte de tout ça, quand le docteur arrive, avec 1h30 de retard, pour me dire que "l'important pour cet examen, c'est d'être détendu", je le sens bien !! Bon, avec 4 appels au boulot entre temps, pour confirmer que non, je ne sais pas du tout quand je vais arriver...

En parallèle, le doc du Martien qui se retrouve à parler, en mon absence, de ma vie avec mon ex. Suite à consultation de mon dossier sur le PC. C'est cool, je l'ai jamais vu moi ce docteur, mais ça me fait plaisir de savoir qu'il peut consulter ma vie sur le PC pour en parler comme ça en mon absence...

Et la famille et les amis dans tout ça ? Ils tiennent la part belle aussi, personne ne sera distancé !
Bon, les conseils : "à mon avis, il faut vous laisser du temps et ne pas y penser". Ah oui, pas con.
"Et du coup, vous vous séparez ?" Si oui "t'es un monstre". Si non "mais t'es sûre ?"
"bon, au pire, c'est pas grave, ya l'adoption". Bon, alors pour moi,l'adoption ce n'est pas "le pire". Rien que l'expression me hérisse. Par contre, les 4 ans mini de délais, l'intrusion dans notre vie, l'incertitude (hé oui là non plus ce n'est pas un droit !!), le psy et l'assistant social... Ah oui quand même...
Il y a aussi les gens d'expérience !! "Ah mais regarde, moi je n'y croyais pas non plus, et pourtant !" Ce n'est pas que j'y crois pas moi, c'est que le corps médical nous confirme que c'est quasi mort...
"Bon, mais ya encore une chance, non ?". Oui, il y a une chance. Bon, c'est comme si je joue au loto, j'ai une chance de décrocher la timbale. M'enfin va pas trop falloir compter dessus quand même...
"Aller, tu es jeune". Oui, si on veut. Et ??
"Bon, mais toi, ça va non ?" A priori oui. Mais comme faut aussi être à deux pour fonder une famille...
"Il vous faut des vacances". No comment, trop classique !
"Ya la FIV maintenant". Oui merci je sais. Ce que toi tu ne sais pas, c'est que c'est pas jackpot à chaque fois, et que c'est pas marrant-marrant !
"Oui, alors là, fais gaffe, tu sais, je connais quelqu'un pour qui ça n'a jamais marché". Bah oui, je sais... Option inverse "non mais t'en fais pas, pour machine, ça a marché du premier coup.". Bah oui, ça arrive aussi, heureusement...

Et les textos : "c'est un garçon" ! "regarde mon écho"!
Bah moi aussi j'en fais des échos, suis même pas jalouse, et aussi des PDS, alors qu'on me casse pas les pieds !!!!!

L'enfer, c'est les autres. Et franchement, je me passerais bien de toutes ces remarques à la con.
Et en même temps... Que l'on minime, cela m'énerve. Que l'on dramatise (si tant est que l'on puisse dramatiser plus que moi), cela me déprime. Si on en parle, je le vis mal. On me parle d'autre chose pour me changer les idées ? bah oui, mais je n'arrive pas à me changer les idées. Du coup, j'ai le sentiment qu'on nie ma souffrance. Donc ? Oui. Je dois le reconnaître. Aucune réaction ne me convient. Puisque finalement, je veux quoi ? Que ça aille. Au moins dans ma tête, mieux. Et ça, personne ne peut me l'apporter...